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Arrêter, se transforme en érâter. Dans la même histoire : Monsieur le Curé dit à Nanette : érâte Nanette, érâte ! Au lieu de : arrête, Nanette, arrête ! Dégarailler v. déchirer. Pour dire de quelqu'un dont le vêtement est déchiré. Il est tout dégaraillé. On dit aussi « dépnâillé »: mal habillé. Ces expressions sont magnifiques, est-ce qu'on ne voit pas les pans des vêtements dans ces mots ? C'est un parler visuel. En se promenant dans la campagne, il arrive que les capitules à crochets de la bardane se collent sur les chaussettes ou les bas de pantalon. En patois ce sont des pignolots. Quel mot amusant ! Les mots de patois sont encore présents dans les noms de rues ou de chemins. En montant sur le coteau de la Vierge de Mercurey on emprunte le chemin de pourtu : ce mot s'inspire du vieux français : pertuis, encore en usage de nos jours, dans les noms de villes (Pertuis dans le Vaucluse, Donzy-le-Pertuis en Saône-et-Loire) ou dans la plante millepertuis. Pertuis signifie le trou, le puits, le creux. Si vous montez à la Vierge par ce chemin, vous le verrez. Malheureusement, ce chemin a été rebaptisé d'un nom de marketing : chemin de la Madone. Laissons la madone à l'Espagne ou l'Italie et fidèles à nos ancêtres, conservons à Mercurey notre chemin de pourtu. Autres exemples : Beaucoup de mots en ot ou en otte. Tel le foulot : tourbillon de vent qui disperse dans l'air la poussière et les feuilles. Ceci ne manque pas de poésie. La ruelle sera la riotte . Le poulet est le poulôt. Le cep de vigne devient le ciot. D'autres sonnent et claquent, tel le volet de la fenêtre : le cleuque. C'est le même mot qui désigne le couvercle. On entend dans ce mot, le bruit du volet sur le mur ou le couvercle sur la casserole. Parler sonore. La maison est la mâïon et le meix, le jardin qui est devant la maison; le clos, étant derrière. Dans le clos était plantée la vigne. Dans les petites exploitations il était souvent entouré de hauts murs pour créer une sorte de micro climat et protéger la vigne des gelées printanières, d'où son nom : clos. Mais ce mot-là n'a pas d'équivalent patois. Comme le mas en Provence, le meix, par extension à donné son nom à l'ensemble de la propriété que l'on retrouve dans le Meix Frappé, le Meix Foulot,. Ce patois ne s'écrit pas. La construction de la phrase est sensiblement la même qu'en français. Il n'y a pas de grammaire particulière. Lorsque on ajoute à cette langue vernaculaire, essentiellement orale, le roulement des R bourguignon ou le grasseyement, on a un parler sonore. Dans son glossaire, Ancelin a essayé de traduire phonétiquement ce qu'il entendait quand les anciens parlaient. Remercions-le d'avoir permis que le patois de Mercurey ne s'oublie pas. |
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Merci à Janine pour ce texte et ses recherches. |
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